lundi 3 décembre 2012

Engawa - 9

De retour de la fac, je fais une pause pour capter l'air du temps: il fait sombre côté sud et nuageux mais lumineux côté nord. Le mont Fuji a reçu de la neige en grandes quantités ces derniers jours de pluie, les rizières sont coupées… l'hiver est quasiment là.



Au premier poteau électrique je tourne à droite et je vais tout droit jusqu'à la montagne, vers l'est.
Je vais directement au cours. Désormais je laisse tout là-bas, je n'ai donc besoin de prendre que le cahier de notes et l'appareil photo.

Aujourd'hui je travaille uniquement sur les potimarrons.
Chacun est différent. Non seulement en couleur mais aussi en texture.
Les tons restent dans les jaunes/ocre/vert sauf la petite rouge.
Mais je ne suis pas obligée de rester fidèle à la réalité !
Je dois cette fois tenter de recréer le volume des bourrelets caractéristiques des potimarrons 2 et 4.
P2: jaune kihada 13 et jaune awakuchi iwaki (byaku) en petites touches qui se chevauchent. Par dessus, un peu de jaune pâle ganouryoku . Les bourrelets de P2 sont beaucoup moins importants que pour le P4. Je reprends donc tout ça en ajoutant du karuishi (pas mal en fait) au jaune. Mais je ne suis pas satisfaite. Je veux à la fois indiquer les lignes qui se dessinent du fait des bourrelets et les effacer pour que - justement - on "n'explique" pas. Je n'ai donc pas fini ce travail.
C'est un des aspects du nihonga: on n'explique pas… la notion de "flou" est importante. J'ai du mal avec ça. La culture française est plutôt descriptive et explicative si j'en crois ce qui me vient naturellement. Un peu "poster"… Les tableaux appréciés ici comme étant typiquement "nihonga" ont toujours des arrière-plans indéfinis dans lesquels se fondent les fleurs… On doit avoir 3 points de focus et le reste n'a pas besoin d'être décrit. Les 3 points suggèrent le reste de la plante, ou du paysage.
Exemple avec ce tableau de Ooba sensei:


mon prof précédent me disait de ne pas être si précise. Ooba sensei me dit de ne pas "expliquer", que ça n'a pas besoin de représenter exactement les choses telles que je les vois.
Je travaille donc sur l'effacement, la suggestion, la sensation, la traduction d'un ressenti en couleurs…

P4: préparé un mélange karuishi + un peu de jaune awakuchi iwaki + un restant de… taishya ? iwaganshudo ? Au départ c'était pour réaliser les espèces d'excroissances un peu minérales que l'on trouve sur la peau des potimarrons parfois. Mais en fin de compte j'ai utilisé ce mélange pour les bourrelets du potimarrons lui-même. Je n'ai pas très bien compris les explications du sensei en détail, mais j'ai compris qu'il fallait faire ressortir les bourrelets et la base de la queue. L'ensemble était faible, trop plat. D'accord avec ça.
J'ai donc interprété à ma façon ce qu'il disait et j'ai appliqué pas mal de ce mélange.
Voici le résultat à la fin du cours. À continuer demain.

Aucun commentaire: