J'attends souvent plusieurs jours avant de poster un nouveau message, mais cette fois, je ne tarde pas !
D'abord la nouvelle: Ooba sensei a été accepté à l'exposition d'automne Inten qui a lieu du 1er au 16 septembre au Musée d'Art de Tokyo. Il avait été fermé pendant 2 ans pour réfection et les précédentes Inten avait eu lieu dans le grand magasin Mitsukoshi, dans un espace trop serré avec le monde qu'il y avait.
Le mois de septembre sera donc donc assez rempli, car nous avons notre expo de groupe à la bibliothèque de Mishima du 12 au 17 septembre, accrochage le 11. Du coup, il n'y aura qu'un cours ce mois-ci…mais moi, je viendrai aux deux, lundi 2 et mardi 3.
J'irai donc à Tokyo la semaine prochaine et j'en profiterai sans doute pour acheter des matériaux de nihonga.
J'ai passé le cours tout entier à travailler sur le nouveau tableau. J'avais posé le mashi la veille, donc tout était prêt.
- sous-couche (shita nuri):
2 petites cuillères (en plastique, de picnic) de gofun
idem de suishomatsu
1/2 cuillère de hamagori gofun (je ne sais pas trop à quoi ça sert…)
beaucoup de nikawa et d'eau.
Ça a fait juste assez pour le tableau (F30). On obtient une belle surface blanche rugueuse.
Après séchage, report du dessin avec mon papier carbone fait maison: un papier calque frotté au fusain.
D'abord le décor: engawa et poutre verticale. J'ajoute le tenon, et une espèce de baguette, que j'avais oubliés précédemment.
Puis, en positionnant de nouveau les potimarrons, je m'aperçois que le petit à côté du gros est trop gros donc je le redimensionne.
Je les décalque.
Tout ça prend beaucoup de temps, mine de rien, et l'heure de la pause arrive !
Après la pause, je passe les lignes à l'encre.
Voici le début. Je fait aussi l'ombre entre les planches de l'engawa.
Au début j'ai du mal à tracer au pinceau fin, mais après un moment ça va. Par contre l'encre bave parfois, peut-être que la sous-couche n'est pas assez épaisse à ces endroits là ?
Voici le tableau à la fin du cours, prêt pour la suite: au prochain cours, je travaillerai avec les couleurs pour bien ancrer les volumes. Ensuite, feuilles d'argent et travail au souffre brûlé pour le bois, "matière" pour le mur… ce sont des techniques que Ooba sensei m'a déjà enseignées pour Hatake Impact (déjà des potimarrons !) mais ce sont des choses qui s'oublient si on ne les pratique pas. De plus, à l'époque (2007) je n'avais pas écrit en détail les processus. Cette fois je vais bien noter!
J'ajoute quelques photos d'une étape importante lorsqu'un tableau est terminé: la signature. Au Japon, cela passe par l'apposition d'un sceau spécialement fait pour ça - c'est à dire différent de celui que les gens utilisent quotidiennement pour signer des papiers sans importance particulière: lettre, reçu etc. Ils en ont un autre, extrêmement important, enregistré, pour signer des papiers officiels importants. Voici donc comment cela se passe dans le cas du nihonga.
On utilise 4 objets:
-une règle en T pour aider à positionner le sceau parfaitement par rapport aux côtés du tableau.
-Un "timbre" rouge simulant le sceau, qui est préalablement positionné ici et là sur la peinture pour trouver la bonne place. Ce n'est pas rien: le sceau doit être à la fois visible, discret et mettre en valeur l'espace. Le rouge est très vif, couleur rare en nihonga, il attire donc le regard et contraste avec son environnement.
-une petite boîte contenant une sorte de matière (quoi ?) éponge imbibée d'encre rouge. Aujourd'hui, celle de l'auteur de la peinture étant sèche, le sensei lui a donné un liquide pour l'humecter. Elle en a mis trop et du coup ça faisait une pâte trop collante. En fin de compte le sensei a pris la sienne !
-et le sceau, bien sûr, le plus souvent en pierre.
Dans cette photo, on voit que le T est déjà positionné.
Le sensei appose le sceau. Il faut appuyer fort. Il devra s'y reprendre à 3 fois, d'où l'importance de la règle, qui ne doit pas bouger d'un poil pour que le sceau se replace bien au même endroit sans faire de bavures ! un sceau raté détruirait la peinture !
Quelquefois, l'auteur ajoute son prénom en hiragana (la forme syllabique du japonais) à côté du sceau.
et voilà !
Les très beaux lotus, finis.
lundi 27 août 2012
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