mardi 18 septembre 2012

Engawa - 3 (F30)

Un peu fatiguée de la semaine dernière mais pleine d'énergie renouvelée par ma visite de l'expo Inten, je m'attaque à la confection par moi-même de la "pâte" à appliquer sur les planches restantes de l'engawa et la poutre verticale.
Je pars de la recette que j'ai écrite la semaine dernière dans mon cahier:
3 cuillers en plastique de karuishi
2 cuillers en plastique de talc
2 mesures métalliques d'ocre
9 mesures de nikawa
eau
Je veux ajouter de l'ocre. J'en ai acheté samedi dernier à Tokyo (du vrai ! : tsuchi iwainogu).
Sensei me conseille de d'abord mélanger karuishi et talc secs puis d'ajouter l'ocre sec et bien écrasé petit à petit: le mélange sec doit se rapprocher de la couleur des planches déjà enduites. Une fois mouillé, le mélange est beaucoup plus foncé et donc la quantité d'ocre serait impossible à déterminer.
Là, c'est aussi quand même à vue de nez et en fait mon mélange sera un peu plus foncé, comme on va le voir…
Photo 1 sans flash d'où le côté "bleu"… le blanc, c'est le talc. La mesure métallique sert pour tous les pigments. Elle est à 2 bouts: petite cuillère et grande cuillère (photo).


 Là, avec flash… La spatule fine est bien pratique pour mélanger. Le petit outil à droite est une sorte de petit balai en bambou. C'est en fait un outil de cuisine. On ne voit pas ici, mais le bambou a été scindé en de nombreuses lamelles qui servent à gratter ce qui a été écrasé au pilon dans un mortier en céramique rainuré. On pile surtout les graines de sésame comme ça. Le petit balai vient donc gratter dans les rainures et permet de récupérer la moindre poudre de sésame !
Je l'ai détourné de sa fonction première et je l'utilise en général pour faire des striures sur mes peintures.
Aujourd'hui il sert sa vocation première…gratter !


J'applique donc le mélange au gros pinceau. Après chaque planche je fais les stries du bois avant que ça sèche trop.
Mais je n'ai pas assez de mélange pour tout ! je dois en refaire un tiers environ pour la poutre…


Après avoir fait la poutre, je passe ce qui reste du mélange (qui est un peu plus liquide) sur les planches peintes au cours précédent pour que la même couleur se retrouve.
Je commence ensuite à travailler les potimarrons.
Je les numérote de 1 à 4 en partant de la gauche et je vais les appeler P1, P2, P3 et P4.
Je pars du principe de l'opposition des couleurs que Ooba sensei m' expliqué. C'est simple: si on veut une couleur finale jaune par exemple, on va mettre une couche bleue en dessous. Après, c'est une question de quel jaune et quel bleu…
P1: bleu asaki 11 puis jaune koganematsu 11 (pas fait)
P2: ce potimarron est jaune pâle, uni, donc d'abord vert urabarokusho (mélange de restants de coupelles, y compris un bleu, mais lequel ?) puis ganouryoku  ( 百) (pas fait encore).
Pour finir, je peins la tranche des planches avec le bleu et ensuite j'y ajoute un peu du vert. Je colore aussi les queues des P1 et 2 avec les couleurs opposées au corps même.
Je fais la partie ombrée du tenons de la poutre.
Voilà pour cette fois.

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